La vitesse, à plus proprement parler l’excès de vitesse est une des causes majeures des accidents de la route sur le réseau routier français. C’est la raison pour laquelle le conducteur doit respecter les limitations de vitesse établies dans le Code de la route et être en capacité d’adapter sa vitesse en fonction des conditions extérieures et des dangers qu’il perçoit.

1. Comment connaitre la vitesse autorisée sur une route ?
2. Les limitations de vitesse en France
3. Respecter les limitations : évaluer et ajuster sa vitesse
4. Les conséquences de la vitesse sur la conduite

Comment connaitre la vitesse autorisée sur une route ?

Pour savoir quelle est la limitation de vitesse sur la route que vous empruntez, la première règle de circulation routière est de suivre en priorité les indications des panneaux ponctuelles de limitation sur le bord de la chaussée.

S'il n'y a pas de panneaux, vous devez identifier le type de route sur laquelle vous vous trouvez et en déduire la vitesse maximale autorisée. Plusieurs éléments de la signalisation (panneaux, bornes, terre plein central...) vous permettront de reconnaître facilement les différents types de route.

Les Limitations de vitesse en France

Limitation de vitesse en agglomération

La vitesse maximale est de 50 km/h en ville. Une agglomération est un espace où sont regroupés plusieurs lieux d’habitation et dont l’entrée et la sortie sont indiquées.
panneau-limitation-50km/h
La limitation de vitesse peut être réduite à 30 km/h dans certaines zones de la ville, lorsqu’il y a un manque de visibilité, dans une zone piétonne ou à l’approche d’une école par exemple. Cette limitation est toujours indiquée par un panneau de limitation ou de zone.
panneau-zone-20km/h
panneau-fin-zone-20km/h
Parfois, toute l’agglomération est limité à 30 km/h, dans ce cas le panneau de limitation est apposé au niveau de la signalisation indiquant l’entrée de l’agglomération
panneau-agglomeration-30km/h

Limitation sur les routes à double sens de circulation

Les routes à double sens de circulation sont le plus souvent les routes départementales ou les routes nationales qui relient les agglomérations.

La vitesse y est désormais limitée à 80 km/h depuis le 1er juillet 2018 pour les titulaires du permis définitif et probatoire et 50 km/h lorsque la visibilité est inférieure à 50 mètres (brouillard).

Limitation sur les routes à chaussées séparées

Les routes à chaussées séparées sont des routes avec deux sens de circulation séparés par une barrière ou un terre-plein et pas seulement par une ligne blanche. Cela concerne certaines départementales et c’est toujours le cas des routes à accès réglementé
panneau-voie-acces-reserve-rapide
Sur ces routes, la vitesse maximale est de 110 km/h. En cas de fortes précipitations, la limitation est réduite à 100 km/h et à 50 km/h si la visibilité est inférieure à 50 m. Le titulaire du permis probatoire est, lui, limité à 100 km/h.

Limitation sur autoroute

  • Sur une autoroute, la vitesse est limitée à :

    • 130 km/h dans des conditions normales,
    • 110 km/h en cas de précipitation (pluie, neige…),
    • 110 km/h pour les jeunes conducteurs,
    • 50 km/h en cas de visibilité inférieure à 50 mètres.

Il est aussi interdit de rouler en dessous de 80 km/h sur la voie de gauche de l’autoroute si les conditions de circulation sont fluides.

La vitesse peut être abaissée à 110 km/h ou à 90 km/h aux abords des grandes villes ou lors de passages délicats. Ces limitations ponctuelles seront indiquées par des panneaux.

Respecter les limitations : évaluer et ajuster sa vitesse

Évaluer sa vitesse

Afin d’évaluer précisément la vitesse de son véhicule on utilise comme unité de mesure le mètre/seconde. Pour convertir les km/h en m/s vous pouvez facilement multiplier par 3 le chiffre des dizaines des km/h, le résultat ne sera pas extrêmement précis, mais simple.
Par exemple si vous roulez à 50 km/h vous parcourez environ 15 mètres à la seconde (3x5 = 15).

Chez un conducteur, le temps de réaction (je perçois, j’analyse, je décide) est de 1 seconde. Et une seconde sur la route est toujours décisive puisqu’elle représente au minimum 9 mètres si l’on roule à 30 km/h (3x3) et au maximum 39 mètres si l’on roule à 130 km/h (3x13). C’est la raison pour laquelle le conducteur doit toujours être vigilant et adapter sa vitesse selon les différentes situations et les usagers qu’il rencontre.

Calculer la distance d’arrêt

Le calcul de la distance d’arrêt correspond :

  • au temps de réaction du conducteur qui est de 1 seconde pour un conducteur normal, 2 secondes s’il est fatigué et peut aller jusqu’à 3 secondes en cas d’alcoolémie ou plus.
  • additionné à la distance de freinage. C’est à dire la distance parcourue entre la pression de la pédale de frein et l’arrêt total du véhicule.

Comme nous l’avons vu précédemment, plus la vitesse est élevée, plus la distance d’arrêt sera longue.

Ajuster sa vitesse

La vitesse maximale n’est parfois pas adaptée aux circonstances dans lesquelles l’on roule et doit être réduite, même si la signalisation ne le préconise pas. Le conducteur est responsable d’adapter sa vitesse en prenant en compte les paramètres suivants :

  • la route, sa configuration, le manque de visibilité, la présence d’intersection ou de virage dangereux…
  • la météo, s’il pleut fortement, neige ou qu’il y a du brouillard, notre visibilité est alors réduite et la chaussée potentiellement glissante
  • les autres usagers qu’ils soient piétons ou motorisés. Soyez particulièrement vigilants avec les usagers vulnérables, piétons, enfants, personnes âgées…
  • s’il y a des travaux, il est toujours recommandé de ralentir, afin de préserver la sécurité des ouvriers.

Les conséquences de la vitesse sur la conduite

La force centrifuge

La force centrifuge d’un véhicule est la même que celle qui pousse la ligne contre les parois dans le tambour d’un sèche-linge. C’est lorsque le véhicule prend un virage que la force centrifuge s’exerce. Si elle est moins forte que l’adhérence, le virage s’effectuera sans difficulté, car le véhicule tournera facilement. En revanche, la vitesse risque d’augmenter la force centrifuge et donc de la rendre supérieure à l’adhérence. Le risque est alors de « tirer droit » et de sortir de la route. Pour éviter ce phénomène, il est nécessaire d’anticiper le virage et de ralentir à l’approche de celui-ci.

L’énergie cinétique

L’énergie cinétique se calcule en joules et est accumulée lorsqu’un véhicule est en mouvement. Plus la vitesse est élevée, plus l’énergie cinétique est forte, elle peut alors avoir des conséquences dangereuses sur la conduite :

  • la distance de freinage peut être rallongée (multipliée par 4 lorsque la vitesse double)
  • le changement de trajectoire peut être plus difficile
  • un choc plus violent lors d’une collision

La perte d’adhérence

L’adhérence du véhicule à la route dépend de :

  • l’état des pneus : types, usure, pression
  • le revêtement de la chaussée : qualité, trous, déformations
  • les conditions météorologiques : pluie, neige, verglas, route sèche