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L’alcool au volant

Aujourd’hui, l’alcool est la première cause de mortalité sur les routes françaises, et ce avant les excès de vitesse.

Pendant votre apprentissage du code de la route vous observerez différentes questions s’y rapportant dans la thématique de la sécurité routière. (voir notre article sur les différentes thématiques du code de la route). Il est très important pour le jeune conducteur d’être parfaitement conscient des dangers de l’alcool au volant.


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Quelques chiffres concernant l’impact de la consommation d’alcool sur la sécurité routière.

Le site legipermis a recensé en septembre divers chiffres :

  • 93% des conducteurs avec un taux d’alcoolémie positif, impliqués dans un accident de la route sont des hommes.
  • 2/3 des accidents mortels sont dus à l’alcool les nuits des week-ends et veilles de jours fériés.
  • Les accidents causés à cause de l’alcool représente 30% de la mortalité dans la sécurité routière.
  • Plus d'1/3 des conducteurs impliqués dans un accident mortel avec alcoolémie positive ont un taux supérieur à 2g/L.
  • Mélanger l'alcool et le cannabis multiplie le risque d'accident mortel par 14 pour la conduite d'une automobile

En 2016 il a été répertorié sur le site de la sécurité routière que :

  • des accidents de la route provoqués par un personne alcoolisé ont causé la mort de 1009 personnes et en ont blessé 3500.
  • une personne ayant bu au delà du taux d’alcoolémie toléré multiplie par 8,5 la probabilité de provoquer un accident.
  • 25% des jeune âgés entre 18 et 35 ans impliqués dans un accident mortel avaient trop bu.

Alcool au volant : la législation en France

De manière générale il est recommandé de ne pas boire avant de prendre le volant. Toutefois la législation tolère une certaine limite de taux d’alcoolémie, et celle-ci diffère selon l’ancienneté du conducteur.
Depuis 2018, la limite autorisée du taux d’alcool dans le sang est de
0,5g d’alcool par litre de sang, ce qui équivaut à 0,25mg de sang par litre d’air expiré.
Cette équivalence est importante puisque la plupart des contrôles de l’alcoolémie se font par Ethylotest, qui mesure le souffle du conducteur.
Pour les jeunes conducteurs, en période probatoire (2 ans de permis) le taux d’alcoolémie légal est fixé à 0,2g/L de sang, et ce depuis le 1er juillet 2015.

Taux d’alcoolémie compris entre 0,5 et 0,8g/L de sang

Avec un taux d’alcoolémie compris entre 0,5g/L et 0,8/L le conducteur commet une infraction au code de la route. Les sanctions prévues sont une amende de 4ème classe qui s’élève de de 90 euros lorsqu’elle est minorée à 750 euros lorsqu’elle est maximale, son taux forfaitaire est de 135 euros. La sanction entraîne également un retrait de 6 points sur le permis de conduire, et potentiellement une suspension de permis d’une durée maximale de 3 ans. Vous pouvez voir tous les différents type d’amendes sur : service-public.fr

Taux d’alcoolémie supérieur ou égal à 0,8g/L de sang

Si le taux d’alcoolémie du conducteur s’élève au delà de 0,8g/L de sang, ou à son équivalence 0,4mg/L d’air expiré, il commet un délit, c’est à dire une infraction grave au Code de la route. Les sanctions sont donc plus sévères et entraînent :

  • une immobilisation du véhicule si aucun autre passager n’est en état de conduire
  • le retrait de 6 points sur le permis
  • une rétention du permis par la police ou la gendarmerie pouvant aller jusqu’à 72h
  • une suspension administrative du permis de 1 an maximum à laquelle une alternative peut être mise en place par le préfet avec la pose d’un éthylotest anti-démarrage
  • la mise en fourrière immédiate du véhicule

Dans le cas ou le conducteur alcoolisé provoque une situation afférente, il sera conduit devant le tribunal avec les sanctions suivantes :

  • une amende maximale de 4500 euros
  • l’obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière
  • une suspension de permis allant jusqu’à 3 ans voire une annulation de permis judiciaire
  • une peine de prison de 2 ans maximum
  • l’interdiction de conduire certains véhicules, même ceux qui sont sans permis pendant 5 ans maximum
  • l’obligation d’installer un éthylotest anti-démarrage

Récidive et refus

Récidive d’alcool au volant

Si un conducteur a déjà été contrôlé puis pénalisé/jugé pour conduite en état d’ivresse et qu’il récidive, une peine complémentaire est prononcée et le véhicule est confisqué. Une exception peut être envisagée dans le cas où le véhicule est utilisé par d’autres membres du noyau familial. On parle de récidive lorsque le conducteur a commis des faits similaire dans les 5 années précédentes. La récidive de conduite en état d’ivresse dans les 5 ans entraîne une annulation du permis de conduire. La durée pendant laquelle l’interdiction de délivrer un nouveau permis est fixée à trois ans et est définie par un juge.

Refus de se soumettre à un contrôle

Tout refus de se soumettre au dépistage du taux d’alcool par simple éthylotest ou alcootest donne lieu à un vérification du taux d’alcool par éthylomètre ou par prise de sang.
Le conducteur qui refuse de mesurer son taux d’alcool encourt les mêmes sanctions qu’un personne ayant conduite avec un alcoolémie supérieure à 0,8g/L de sang. Les sanctions équivalent à un délit, le refus laisse en effet penser que le taux d’alcoolémie est délictuel.

aerial photography of black bottles
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Les effets de l’alcool sur la conduite

Dès que l’on boit de l’alcool, celui s’infiltre dans notre sang et agit sur notre cerveau. La consommation affecte donc directement notre conduite et ce à différents niveaux.

Surestimation de nos capacités et sous-évaluation des risques

La première raison de la consommation d’alcool est son effet euphorisant, celui qui n’ose pas aller danser rejoint plus facilement ses amis sur la piste après un ou deux verres, de même pour la timide qui n’ose pas parler au garçon qui lui plait. L’alcool semble avoir pour effet de nous donner du courage et de pouvoir nous surpasser. Voici le premier danger pour le conducteur qui a bu, il se sent capable de tout et perd conscience du danger qu’il représente pour lui et pour le autres. L’effet désinhibant de l’alcool amène le conducteur a sous-évaluer les risques, à transgresser les interdits (il va plus vite, ne met pas sa ceinture, ne respecte pas les priorités…) voir même à ne pas respecter les autres conducteurs.

Les effets directs sur le cerveau

Au lieu de redoubler de vigilance, le conducteur ne se rend pas compte qu’il n’est au contraire pas en pleine possession de ses moyens.
L’alcool a pour effet de rétrécir le champ de vision et de modifier la perception des distances. Ainsi, le conducteur alcoolisé aura-t-il tendance à freiner sur une distance trop courte pour pouvoir s’arrêter à temps, ou évaluera-t-il mal la largeur de d’un passage pour son véhicule et provoquera une collision.

Ses réflexes sont eux aussi diminués. Alors que le temps de réaction normal est évalué à environ 1 seconde, avec un taux de 0,5g d’alcool par litre de sang, celui-ci peut s’élever à 1,5 seconde. Le temps de réaction augmente en fonction de taux d’alcoolémie. Ainsi si le conducteur roule sur une départementale à la vitesse maximum autorisée de 80 km/h, le temps de réaction normal de 1 seconde équivaut à 24 mètres et celui du conducteur alcoolisé, de 1,5 seconde équivaut à 36 mètres. C’est 12 mètres supplémentaires sont pris sur la distance d’arrêt et peuvent donc provoquer un accident.

Enfin la sensibilité du conducteur alcoolisé à la lumière est augmentée, il peut plus facilement être ébloui et perdre le contrôle de son véhicule. Et bien évidemment la résistance à la fatigue est diminuée.

Combien de verres pour un taux d’alcool dans le sang toléré ?

Pour les jeunes conducteurs en période probatoire

Pendant les deux années qui suivent l’obtention du permis, le jeune conducteur est en période probatoire, et son permis et de 6 points au lieu de 12. Il est en infraction au delà de 0,2g/L de sang. Le taux d’alcoolémie variant selon les personnes, il est plus que recommandé au jeune conducteur de ne pas du tout boire d’alcool avant de prendre le volant, pas même un verre !

Et pour ceux qui ont le permis définitif ?

Pour ceux qui ont leur permis depuis plus de 2 ans, et de la même manière, parce que le taux d’alcoolémie varie selon le conducteur, il faut boire un verre d’alcool maximum. Un verre d’alcool équivaut à 10g d’alcool pur par litre, c’est pourquoi on parle en unité d’alcool, parce que selon le type d’alcool (bière, vin, alcool fort) vous serez servi différemment. Les équivalences pour 10g d’alcool sont :

  • un demi de bière (25cl) à 5°
  • 10 cl de vin à 10°
  • 6cl d’un apéritif à 18°
  • 3cl d’alcool à 40° (whisky, vodka…)

Les variations du taux d’alcool selon les individus

La loi est la même pour tous mais il faut également être conscient que notre capacité à administrer l’alcool varie selon notre taille, notre poids, notre sexe et notre état. Par exemple, le corps des femmes, constitué à environ 60% d’eau est moins résistant à un verre d’alcool que le corps de l’homme constitué en général à 70% d’eau.

On peut calculer le taux d’alcool dans le sang avec une formule :

Pour un homme : taux d’alcool dans le sang = (V x T x 0,8) / (0,7x m) :

  • V = volume de boisson ingérée en ml
  • T = degré d’alcool en pourcentage (ex: de la bière à 5%= 0,05%
  • 0,8 = mesure constante de la densité d’alcool (l’éthanol)
  • 0,7 correspond aux 70% d’eau, c’est le coefficient de diffusion,
  • m = poids de la personne en Kg

Le taux d’alcool dans le sang pour un homme de 70 Kg buvant 2 verres de vin de 14cl à 12° est : (2 x 140 x 0,12) / (0,7 x 70) = 33,6 / 49 = 0,68g/L de sang, il est donc au dessus de la limite autorisée.

Le même calcul s’applique aux femmes en changeant le coefficient de diffusion pour 0,6.

La vitesse d’élimination de l’alcool

Tout comme son assimilation, l’élimination de l’alcool varie selon les individus.
On estime la vitesse d’élimination à :

  • pour l’homme : entre 0,10g/L et 0,15g/L par heure
  • pour la femme entre 0,085g/l et 0,10g/L par heure

Aussi en fonction de si vous buvez à jeun ou au cours d’un repas, le temps varie, car, à jeun l’alcool sera complètement intégré par le sang dès 30 minutes alors qu’au cours d’un repas il faut compter 1h. Vous devez donc attendre plus longtemps après un repas de voir votre taux d’alcoolémie redescendre sous le seuil autorisé.

Aussi, plus vous buvez, plus il y a à éliminer. Si lors d’une soirée arrosée vous atteignez un taux d’alcoolémie de plus de 1,5g/L de sang, une nuit de sommeil pourrait s’avérer insuffisante pour être en état de reprendre le volant !

Les idées reçues !

Les faux remèdes contre l’alcool…

Ayez bien en tête que seul le temps permet l’élimination de l’alcool et fuyez les faux remèdes tel que le café qui, certes va masquer les effets de l’alcool mais sans les supprimer ou l’aspirine qui n’a pour seul effet que de soulager le mal de tête et de fluidifier votre sang (qui coulera plus vite en cas d’accident…).
Boire de l’eau est évidemment meilleur pour vos reins et votre hydratation, mais de la même manière, cela ne baissera pas votre taux d’alcool dans le sang.

Les femmes tiennent moins bien l’alcool que les hommes.

Si cette affirmation est partiellement vraie, elle n’est pas à prendre en compte car comme nous l’avons dit précédemment l’intégration de l’alcool varie aussi selon le poids, la taille, l’état de santé. L’information qui est en revanche notifiable et à prendre en compte est que 95% des accidents mortels impliquant des états alcooliques sont provoqués par des hommes.

“Moi, je tiens bien l’alcool !”

Que vous ayez été élevé à la vodka ou que vous soyez novice, vos propres perceptions sur votre état lorsque vous êtes alcoolisés ne sont pas à prendre en compte. C’est pour ça qu’il y a des lois et des limites à respecter. Beaucoup de personnes affirment ne pas ressentir d’effet particulier même au delà de 1g/L de sang et être aptes à conduire. Ce sont justement ces certitudes et la sensation d’être invincible qui représente un réel danger sur la route.

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