Depuis la réforme du Code de la route de 2016, une nouvelle thématique sur l’écologie et l’environnement est apparue. Dans ce monde où les questions écologiques semblent se faire de plus en plus urgentes, il est important de comprendre l’impact de notre façon de nous déplacer sur la nature. Cette thématique renseigne le futur conducteur afin qu’il puisse faire des choix éco-responsables et connaître les bons gestes pour réduire son impact sur l’environnement. Cette thématique regroupent 3 notions: l’écomobilité, le choix du véhicule et l’éco-conduite.

1. L’écomobilité : les alternatives à la voiture
2. Choisir et entretenir votre véhicule pour réduire votre impact
3. Comment pratiquer l’éco-conduite ?

L’écomobilité : les alternatives à la voiture

La notion « d’écomobilité » ou « de mobilité durable » est apparue après la crise de l’énergie et du réchauffement climatique. Avec l'écomobilité, les gouvernements cherchent à mettre en place un réseau de transport qui soit moins nuisible pour l’environnement et, ainsi, réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’écomobilité pour tous

L’écomobilité fait partie de l'enjeu que représente la notion plus globale de développement durable.

Elle s’applique à l’ensemble de la planète. La mise en place d’une taxe carbone pour les voyages en avion en est un exemple à l'échelle internationale.

Elle est également prise en compte au niveau du pays. Les tentatives pour redonner de l'attrait aux voyages en train (nouveaux services, meilleure desserte du territoire, etc.) est une inititive d'écomobilité au niveau nationale.

Enfin, les villes ont elles aussi mis en place des actions en faveur de l’écomobilité avec la création de circuits Tramway, l’allongement de certaines lignes de métro ou la mise en place de moyens de transport plus écologiques (vélos, trottinettes, voitures électriques…).

L’Écomobilité et l’usager

Face à la mise en place et à l’amélioration de certains moyens de transport, l’usager est appelé à faire des choix conscients et respectueux de l’environnement.

En ville, 40 % des déplacements n’excèdent pas 2 km. Le temps moyen de déplacement y est de :
• 2 min 30 s pour parcourir 1 km (trafic fluide et stationnement facile)
• 9 min pour parcourir 1 km (bouchons et stationnement rare)

Pour réaliser ces trajets courts, il existe plusieurs alternatives à la voiture  :

  • La marche à pied :
    Temps moyen de déplacement : 12 minutes pour parcourir 1 km.
  • Le vélo :
    Temps moyen de déplacement : 4 minutes pour parcourir 1 km.
  • Les transports en commun (tramway, bus, métro, train) :
    Temps moyen de déplacement : 2 min 30 s pour parcourir 1 km (trafic fluide) / 6 min pour parcourir 1 km (bouchons)
  • L’Auto-partage : l’auto-partage, c’est louer un véhicule occasionnellement. Plusieurs personnes utilisent le véhicule à des moments différents pour des trajets différents.
    ➪ Avantages : moins de véhicules sur la route, donc moins de pollution et pas de frais d’entretien.
  • Le Covoiturage : le covoiturage regroupe dans un même véhicule plusieurs personnes qui font le même trajet. Il est aujourd’hui facile à utiliser, plusieurs sites internet permettent de mettre en relation conducteurs et passagers.
    ➪ Avantages : moins de véhicules sur la route et les frais de déplacement sont partagés.
  • L’Intermodalité : c’est utiliser plusieurs modes de transport pour effectuer un déplacement. Les grandes villes proposent souvent des parkings relais en périphérie. Le conducteur stationne à un tarif avantageux et rejoint le centre-ville en transports en commun.
    ➪ Avantages : gain de temps et d’argent et moins de pollution en ville. Trafic fluidifié.

Choisir et entretenir votre véhicule pour réduire votre impact

Il est recommandé de choisir un véhicule adapté à ses déplacements : une voiture lourde ou puissante est plus chère à l’achat, consomme plus et a un impact plus important sur l’environnement.

Vérifiez les informations à l’achat d’un véhicule

Les nouveaux véhicules sur le marché sont susceptibles de consommer moins de carburant que les vieux et mal entretenus. L’étiquette énergie/CO2 est obligatoire en France pour les véhicules particuliers neufs exposés dans les lieux de vente. Les concessionnaires doivent présenter une étiquette renseignant sur le type de véhicule et de carburant, la consommation d'essence, les émissions de CO2 afin de sensibiliser le consommateur et l’inciter à choisir des véhicules moins polluants. Le taux d’émission de CO2 est aussi inscrit sur le certificat d’immatriculation (carte grise).

Sur le modèle des étiquettes-énergie des appareils électroménagers, un code couleur a été attribué à des fourchettes d’émissions.

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Code couleur : Vert - véhicule peu polluant / Rouge - véhicule très polluant
Classement : A — véhicule peu polluant / G - véhicule très polluant

Profitez des encouragements écologiques

Afin d’inciter les Français à acheter un véhicule propre, le gouvernement offre une prime pour l’achat d’un véhicule peu polluant (bonus). A l’inverse, si vous choisisez d’acheter un véhicule classé comme étant polluant, vous paierez une taxe supplémentaire (malus).

Ainsi le parc automobile est renouvelé avec la disparition des vieux modèles les plus polluants et les constructeurs sont encouragés à poursuivre leurs efforts dans la mise au point de véhicules plus propres.

Mais que vous achetiez un véhicule neuf ou d’occasion, n’oubliez pas de bien observer la plaque d’information (type de carburant, consommation au 100 km, rejet de Co2/KM parcourus…) sur la consommation et le potentiel polluant du véhicule.

Entretenez votre véhicule

Un véhicule mal entretenu consomme plus et donc pollue plus. Pour éviter cette situation, il est nécessaire d’entretenir régulièrement votre véhicule.

À Vérifiez soi-même au moins 1 fois par mois :
• les niveaux (huile, eau, etc.)
• la pression des pneus : 100 grammes en moins sur un pneu a un impact sur la consommation.

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Des pneus neufs ou en bon état votre permettront une conduite plus fluide et une moindre consommation de carburant que des pneus abîmés.

Faîtes chaque année un entretien de votre véhicule chez le garagiste :
• vidange
• changement des filtres
• contrôle général de l’état du véhicule
• vérification en cas d’anomalie de fonctionnement

Le moteur diesel est le plus polluant et le plus émetteur de particules fines. Il est voué à disparaitre. D’ici là, les fabricants ont conçu des systèmes de moindre consommation même pour les véhicules diesel, comme le système stop and start qui permet d’arrêter et de redémarrer automatiquement le véhicule dès qu’il ne se déplace plus, même pour une courte durée. Cependant, nous vous recommandons d’investir dans des moteurs à essence, hybrides ou électriques.

Attention au chargement du véhicule

Un véhicule chargé c’est plus de poids à déplacer et donc plus d’énergie consommée. Veillez à ne pas charger inutilement votre véhicule, car la charge augmente la consommation du véhicule.

Lorsque votre véhicule est chargé :
• Augmentez la pression des pneus. Plus de poids à l’arrière = besoin de plus de pression à l’arrière pour éviter que le pneu s’écrase.
• Supprimez les charges inutiles dans votre coffre.
• Retirez les barres de toit, coffre de toit ou porte-vélo quand je n’en ai plus besoin. Tout ce qui modifie le coefficient de pénétration dans l’air a une conséquence sur la consommation.

Utilisez les aides à la conduite pour réduire votre consommation

Le GPS
Il évite de se perdre et donc d’allonger le trajet. Certains GPS préviennent des bouchons en temps réel ou zones de travaux.
L’ordinateur de bord
Il permet de connaître la consommation instantanée et la consommation moyenne. Si besoin, je lève le pied.
Le régulateur de vitesse
C’est un système maintenant automatiquement la vitesse du véhicule à la valeur programmée par le conducteur, sans action sur la pédale d’accélérateur. Il permet de maintenir une vitesse constante. Il réduit donc la consommation de carburant sur terrain plat, mais peut l’augmenter sur les trajets vallonnés, car pour maintenir une vitesse constante, la consommation peut rapidement augmenter dans les montées.
Le limiteur de vitesse
Il empêche le dépassement de la vitesse programmée par le conducteur. Lorsque la vitesse limite est atteinte, la pédale devient inactive. Pour désactiver le système, appuyer franchement sur l’accélérateur. Je limite ma vitesse donc je limite ma consommation.

La climatisation : elle apporte un confort de conduite, mais augmente la consommation de carburant de 6 à 20 %. Pour limiter l’utilisation de la climatisation : je stationne à l’ombre et j’aère mon véhicule avant d’allumer la climatisation. Je limite les différences de température entre l’intérieur et l’extérieur du véhicule.

Comment pratiquer l’éco-conduite ?

Au même titre que la courtoisie au volant, l’éco-conduite fait partie des nouvelles thématiques de la réforme du permis. Lors de votre examen, elle vous permettra de gagner un point bonus et ce n’est jamais négligeable.

Pourquoi choisir l’éco-conduite ? : écologie et économie !

L’éco-conduite, en plus d’être écologique est économique. Une conduite raisonnée vous permettra de :

  • Limiter la pollution due aux gaz d’échappement (CO2) participant au dérèglement climatique
  • Limiter les troubles respiratoires liés aux gaz d’échappement (particules fines).
  • Limiter sa consommation de carburant et faire des économies.

Quelques réflexes simples vous permettront d’avoir une conduite respectueuse de l’environnement et plus sécuritaire.

Les réflexes de l’éco-conduite

L’éco-conduite se base sur cinq règles fondamentales qui vous assurent sa bonne pratique et vous permettront de gagner le point bonus lors de l’examen.

1. Le bon régime !

Au démarrage : si le moteur est froid, il est inutile de le faire chauffer à l’arrêt. Il chaufferait de façon non homogène. Je roule en souplesse sans monter dans les tours afin de permettre au moteur d’atteindre sa température idéale. Sur les 4 premiers kilomètres la voiture consomme plus et pollue plus, car le pot catalytique n’est pas à bonne température.

Passez les vitesses rapidement : les premiers rapports de vitesse sont les plus gourmands en carburant. Ne traînez pas sur les rapports intermédiaires afin d’atteindre votre vitesse de croisière rapidement. Si par exemple la route est fluide et que vous roulez à 50 km/h, passez la 4e plutôt que de rester en 3e afin de réduire votre consommation de carburant !

Changez de vitesse avant 2000 tours pour un véhicule diesel et avant 2500 tours pour une essence. Utilisez le tableau de bord pour trouver cette information !

2. Anticipez le trafic et les obstacles

Anticiper : observez la circulation. Dès que vous voyez un obstacle (ex : la voiture devant freine), levez le pied pour éviter les freinages et accélérations inutiles et bénéficier de la coupure d’alimentation pour vous déplacer sans consommer. Pour pouvoir anticiper, gardez toujours une distance de sécurité suffisante entre vous et le véhicule qui vous précède.

En cas d’arrêt prolongé, je coupe mon moteur. Il est plus économique de couper son moteur si je suis à l’arrêt plus de 20 secondes et de la redémarrer, plutôt que de le laisser tourner. La consommation moyenne d’un moteur à l’arrêt est d’environ 1 litre par heure.

Renseignez-vous avant votre départ sur le trafic afin de choisir l’heure de départ et l’itinéraire optimal pour arriver à votre destination.

3. Une vitesse stable et une conduite souple

Adoptez une conduite souple : maintenez une vitesse constante et éviter les relances successives. Réduisez votre vitesse afin d’éviter les freinages tardifs brutaux, les relances et les accélérations qui mettent le véhicule en état de sur-consommation. En roulant moins vite, vous consommez moins. La différence entre une conduite souple et une conduite nerveuse peut atteindre 40 %?.

Si vous réduisez votre vitesse de 10 km/h, vous économisez un litre tous les 100 km.

Restez avec une vitesse engagée : tant que la voiture roule, vous restez avec une vitesse engagée afin de profiter de la coupure d’alimentation (et du frein moteur). La voiture se déplace sans rien consommer quand une vitesse est enclenchée, que je n’accélère pas et que la voiture roule. Cela s’applique par exemple dans les descentes.